Site du Conseil Général
     
 
 
Site culture du Conseil Général
 
 
 
 
 
 
Villa du Département

Iconothèque historique de l’océan Indien

 



 
Site du Département Réunion
Cliquez ici

 
 
 
 
 
 
 
     

 

 

Faucon Bernard Imprimer Envoyer

 

Le petit arbre, Tirage n°12, 60 x60 cm Le petit arbre (Série Les Idoles et les Sacrifices), entre 1989 et 1991. Photographie couleur, tirage Fresson n°12/20, 60x60 cm. (Inv. 2006.09.01)

 

Le petit arbre est issu de la série Idoles et Sacrifices, les mots sont forts : les corps d’enfants sur fond d’or, le regard lointain et triste, annoncent la fin de l’innocence, des rêves aussi. Ils sont les idoles, alors que les paysages seraient tachés du sacrifice, rouge sang. On ignore à quel portrait correspond cette œuvre isolée que l’on comprend mieux en observant la série. Un arbre vert, solitaire devant une muraille grise, est le sujet central de la photographie. A son pied, une rivière de sang s’écoule, qui contraste vivement avec le vert de la frondaison, la nature est cruelle semble-t-il, la temps, le mort sont inscrits dans le vivant. Cette série marque la fin d’un cycle d'idéalisation entre l’enfance et l'or des Chambres désertées, et débouchera sur Les écritures, et le plaisir de dire, d’écrire. Idole et Sacrifice seraient un couple indissociable, mais il y a aussi dans ce travail l’idée que chaque image contient toutes les autres. Elle est aussi « une métaphore de l'impuissance de la photo, de son irrémédiable déficience face à l'intensité du vivant : le rouge des Sacrifices devenant la blessure, le désespoir de la photographie elle-même » dit l’artiste.

 

Isabelle Poussier

Janvier 2011

 

 

 le Télescope, épreuve d'artiste, 60 x 80 cm

Le télescope (Série Les grandes vacances), entre 1976 et 1981. Photographie couleur, épreuve d’artiste, 60x60 cm. (Inv. 2006.09.02)

L'idée de fabriquer des fictions est venue avec Les grandes vacances, une équation possible entre la photographie, les mannequins d’enfants et les lumières du Luberon, pour dévoiler la nostalgie de l’enfance, pour trouver une possibilité de la figer, de l'éterniser. Les mises en scènes montrent des jeux, des fêtes à la campagne ou à la plage, dans la neige aussi. Les scènes se passent en intérieur comme en extérieur, le jour et aussi la nuit. Parfois, un enfant vivant vient troubler l’immobilité des mannequins, créant une sorte de malaise. Le télescope est donc un souvenir d’observation nocturne de la voie lactée. Il faut installer les deux mannequins, le télescope, juste éclairer la mise en scène pour garder la nuit, on pense à certaines œuvres de Jeff Wall, à The Drain (1989) par exemple, où la scène fictive est aussi imprégnée de narration traitant des peurs lointaines. Ici le plus grand des enfants observe la lune, le plus petit semble vouloir prendre sa place, les petits ont toujours tort dans l’enfance... Qui n’a pas ressenti, alors, la peur et la fascination de la nuit ?

 

Isabelle Poussier

Janvier 2011


 

 

 

 

FAUCON Bernard

Né en 1950 à Apt (Vaucluse)

Vit et travaille à Paris

 


Après ses études de philosophie et de théologie, Bernard Faucon peint et commence à photographier. En 1976, il débute la « mise en scène photographique », il est un des premiers artistes à explorer cet univers. Il reçoit le « Grand Prix national de la photographie » en 1989. Son œuvre s'énonce en sept grandes séries de « fictions vraies » que l’on peut qualifier de réalisme poétique dans un monde assez clos. Les grandes vacances de 1976 à 1981 : des enfants mannequins de vitrines investissent les lieux marqués par l’enfance de l’artiste. Evolution probable du temps de 1981 à 1984 : flammes et explosions en réponse au vide laissé par la disparition des mannequins. Chambres d’amour de 1984 à 1987 : Renoncement romantique, absence, luxure imaginée dans des lieux abandonnés et dernières traces des corps. Chambres en hiver et Chambres d’or de 1987 à 1989 : espaces de solitude où ne demeure que la trace d’une présence, dernière limite matérielle et dorée. Idoles et Sacrifices de 1989 à 1991 : fin du temps de l’innocence où les portraits d’enfants torse nu alternent avec des paysages tâchés de rouge. Les Ecritures de 1991 à 1992 : des vérités personnelles, les mots du désenchantement agrandis aux dimensions des paysages. Fin de l’image de 1993 à 1995 : des mots encore, comme écrits sur des fragments de peau. La quarantième et dernière photographie montrant le mot fin pour donner une réalité au désir d'en finir avec la photographie, au besoin de clore. Bernard Faucon suspend son travail en 1995 et en 1997, décide d’arrêter définitivement la photographie qui lui semble arrivée à son terme en tant qu’art. Toutefois, de 1997 à 2000, il mène le projet Le plus beau jour de ma jeunesse dans vingt lieux autour du monde : une fête d'une journée est organisée, cent jeunes sont conviés, chacun muni d'un appareil photo jetable : l’artiste n’est plus le photographe. Pourtant, il y aura Le temps d’Après, fait d’images empruntées et des siennes, réalisées sans y penser, quand une image s’impose, et déposées dans l’ordinateur. Une rétrospective intégrale a lieu en 2005-2006, à la Maison Européenne de la Photographie à Paris. L’œuvre importante de Bernard Faucon questionne les rapports entre humain et vivant, entre corps et lumière, à l’avant-garde d’une école surréaliste de la photographie depuis ses débuts.

 

Isabelle Poussier

Janvier 2011

 

 

 

 

Tous droits réservés – Toute reproduction même partielle interdite.

 
 
 
 
 
 
 
  Département de La Réunion - Président Cyrille MELCHIOR.

Mentions légales | Logos